Membre de l'Academie Roumaine des arts traditionnels, artiste reconnu en France et en Roumanie, Ion Vicsoreanu est un maître de la poterie traditionnelle roumaine.
De père en fils ce talent s'est transmis afin que ne meure pas l'âme de ce peuple de l'Europe centrale. Originaire de Horezu. il puise son inspiration dans les symboles anciens, et l'amour de son art fait le reste. Il vit en France. Il expose partout en Europe, apporte avec lui son tour et ses outils pour demontrer à quelques privilégiés ses techniques uniques et leur faire partager le don de la terre.
Ion, fils de Victor, est un descendant de la grande famille des illustres Vicsoreanu, potiers de renom depuis quatre générations.
Member of the Romanian Academy of traditional arts, well-known artist in France and Romania, Ion Vicsoreanu is a master in Romanian traditional pottery.
This talent has been transmitted from father to son in order to prevent the fading of the soul of these Central Europe people. Native of Horezu, Ion uses ancient symbols and his love for his craft does the rest. He currently lives in France. He exhibits all over Europe and brings along his potters wheel and tools to demonstrate to a few lucky ones his unique techniques and to share his knowledge of earth. Ion, son of Victor, is a descendant from the noted Vicsoreanu family, recognised potters of four generations.
Chez les Vicsoreanu, on est potier de génération en génération
Ion, le surdoué de la terre A Horezu, petit village de Roumanie situé à l'ouest de Bucarest, on est potier de père en fils. On était. Car, des deux cents familles de potiers au début du siècle, il n'en reste plus que six ou sept, dont les plus célèbres : les Vicsoreanu. Ion n'est pas seulement leur descendant: c'est un surdoué de la poterie.
L'attitude est figée, le souffle littéralement coupé, le geste ô combien précis... L'assiette, une fois centrée sur le tour, ne doit plus bouger. Technique ancestrale, le décor à la corne, dit " décor liquide ", ne permet pas l'ombre d'une hésitation, ne pardonne pas le moindre tremblement. Une seule respiration, et la pointe de l'outil dévie, la couleur vagabonde et l'oeuvre est inexorablement gâchée.
Chez Ion Vicsoreanu, il semble que cela n'arrive jamais, tant le potier maîtrise son art. L'espèce de peigne aux dents en poils de renard ou de blaireau qu'il utilise pour " étirer " les couleurs du centre de l'assiette vers les bords, c'est son grand père paternel qui l'a créé : la " gaïta ". Les couleurs, les ocres, les bruns et les verts, Ion les fabrique lui-même, puisées de l'argile et d'oxydes broyées. Elles sont uniques, comme chacune de ses poteries. " Je m'inspire beaucoup de symboles célèbres en Roumanie. Le poisson pour la patience, le coq pour la force et l'agilité, le serpent pour l'intelligence ". Le coq est devenu l'emblème de la ville d'Horezu, souvent remplacé sur l'argile par des soleils souriants ou des petits personnages, sortes de funambules dansants accrochés aux fines lignes tracées en fond de décor.
Académicien à 29 ans
La terre, source de couleurs... et de talents reconnus. Ion a depuis longtemps fait le plein de grands prix de céramique de Roumanie, et, après avoir été primé au concours national d'art populaire en 1994, il a été récompensé en 1995 pour l'ensemble de son oeuvre. A 27 ans ! Ce n'est pas fini : il est depuis le mois de juin lauréat et membre de l'académie roumaine des arts traditionnels, comme le fut son grand-père maternel.
Depuis des années maintenant, Ion Vicsoreanu enchaîne expositions sur expositions, en Allemagne, en Argentine, aux Etats-Unis, en France. Accompagnées à chaque fois d'une démonstration : " Mon style n'est pas facile à comprendre; il faut mieux montrer le travail ", avertit l'artiste. Son style est d'autant plus unique, en effet, qu'il porte son nom et celui de son père. son inventeur. Si le nom des Vicsoreanu a fait l'histoire de Horezu, il a surtout marqué, depuis quatre générations, l'art potier dans le monde entier.
OUEST-France, Lundi 21 Juillet 1997
In the Vicsoreanu family, we are potters from one generation to the next.
Ion, gifted of the soil
In Horezu, a small Romanian village east of Bucharest, they are potters from father to son. They were. Because, from the two hundreds families of potters at the beginning of the twentieth century, there are only six or seven left, including the most famous: the Vicsoreanus. Ion is not only their descendant: he is an exceptionally gifted potter.
The attitude is frozen, the breath winded, the gesture so precise The plate, once well centred on the potters wheel, must not move. An ancestral technique, the horn setting, or liquid setting, doesnt allow the shadow of a hesitation, or condone any tremor. A single inward breath and the tip of the tool wander off course, the colour spreads off limits and the work is ruined. In Ion Vicsoreanus case, he masters his craft son much that it never seems to happen. His paternal grandfather has invented the "gaïta", a tool in the shape of a comb made of fox or badgers fur that he uses to "stretch" colours from the centre of the plate to the edges. The colours, the ochre, the browns and the greens, Ion mixes them himself from clay and mill base oxides. They are unique, like each of his works. Most of my ideas come from well-known symbols in Romania. The fish for patience, the rooster for strength and agility, the snake for intelligence. The rooster has become the crest of the Horezu village, often replaced on clay by smiling suns or little characters, kinds of dancing equilibrists hanging to fine lines traced on the background setting.
Academician at 29
Earth, source of colours and well-known talents. Ion has cumulated number of awards over the years. He won many Romanian great ceramics awards and, after an award-winning national folk-art contest in 1994, he received a special achievement award for his complete works in 1995. At 27 years old! And thats not all: since June 1999, he is a laureate and member of the Romanian academy of traditional arts, as his maternal grandfather was before him.
For a couple of years now, Ion Vicsoreanu has exhibits over exhibits in Germany, Argentina, United States and France. Each exhibit has its own demonstration: My style is not easy to master, what could be better than a live demonstration, explains the artist. His style is so unique that, in fact, it is named after him and his father, who invented it. If the name Vicsoreanu is part of Horezus history, it has also found its place in potters craftsmanship history all over the world, for four generations.
OUEST-France, Monday, July, 21 1997
A Horezu (Roumanie), la chambre d'exposition paternelle.
Un potier roumain au Fuilet
La Maison du potier, au Fuilet, accueille une exposition de céramique roumaine. quelque 300 pièces y sont présentées. Le créateur de ces poteries, Ion Vicsoreanu, est sur place pour faire des démonstrations et répondre aux questions du public.
CHOLET.- " Terres et couleurs de Roumanie ". C'est le titre de l'exposition présenté en ce moment à la Maison du potier au Fuilet. 300 pièces y sont présentées : de la céramique culinaire, mais aussi et surtout beaucoup de poteries décoratives. " Cette exposition nous permet de montrer autre chose, de mettre en valeur l'universalité du travail de l'argile. La Roumanie est un pays où la poterie a toujours été très présente. Là-bas, beaucoup de gens se servent de la céramique comme c'était encore le cas chez nous il y a une cinquantaine d'années " explique Gérard Grellier, directeur de la Maison du potier. En venant voir cette exposition, le public pourra s'entretenir avec le créateur de toutes ces pièces, Ion Vicsoreanu. Le potier roumain sera présent à la Maison du potier jusqu'aux environs du 20 mai. Agé de 29 ans, il a appris son métier auprès de son père, Victor, décédé voici quelques années.
Titres de gloire
Le père et le fils ont un point commun : la grande qualité de leur travail leur vaut de collectionner les titres de gloire. Originaire de Horezu, une petite ville touristique de 10.000 habitants au centre de la Roumanie, Ion est l'un des derniers potiers de la région : " Avant la Seconde Guerre mondiale, il y avait plus de 200 familles de potier à Horezu. Il n'y en a plus que sept. C'est un problème de garder les traditions ".
Courrier de l'OUEST le 8 Mai 1997
Vernissage au Fuilet à la maison du potier.
Exposition terres et couleurs de Roumanie
ION Vicsoreanu, un jeune potier roumain, expose actuellement à la Maison du Potier. Il perpétue une tradition familiale: il est la quatrième génération d'une lignée de potiers. A 20 ans, Ion Vicsoreanu a remporté son premier concours de céramique. En 1991, il expose à Nice; en 1994 à Francfort et remporte dans son pays le deuxième prix du concours national. En 1995, il expose au Palais de la culture de Moldavie et reçoit le prix de la culture récompensant l'ensemble de son oeuvre. En l996, il expose dans les grandes villes de Roumanie et en 1997 en Argentine. En France, la Maison du Potier l'accueille avec près de 300 pièces de poteries culinaires et décoratives. Son style de décor a été invente par son frère à qui, en 1994, la ville d'Aix-en-Provence a rendu hommage au cours d'une exposition.
De tradition millénaire la poterie roumaine joue un grand rôle dans la vie de chaque personne. Elle joue un rôle dès la naissance. puis lorsqu'une jeune fille est en âge de se marier on met à la fenêtre de la maison des assiettes en céramique " face " tournée vers la rue. Lorsqu'elle a trouvé un mari, on les retourne, " dos " vers la rue. Un autre rituel se déroule sur le parcours lors d un enterrement. Rien d'étonnant alors si les décors d'assiettes ou de plats portent des symboles relatifs aux grands événements de la vie familiale, Le savoir-faire, le talent de Ion Vicsoreanu sont là pour les exprimer.
Cet artiste international sera présent à la Maison du Potier environ trois semaines en mai, il effectuera des démonstrations aux visiteurs. L'exposition sera en place tout l'été jusqu'au 31 août. Mais voir travailler cet artiste décorer chacune de ses céramiques laisse le Spectateur émerveillé,
OUEST-France, Mardi 13 Mai 1997
L'Ambassadeur de Roumanie en France
La région d'Horezu, en Roumanie, et le Fuilet ont en commun la poterie. Une activité industrielle, et aujourd'hui touristique, qui a fondé l'identité de ces deux régions et qui pourrait déboucher sur un Jumelage entre ces deux communes. Avec le soutien de l'ambassadeur roumain en France, venu spécialement samedi inauguré l'exposition de son compatriote Ion Vicsoreanu.
" Mes assiettes parlent mieux que mes mains " s'excuse presque Ion Vicsoreanu, samedi après-midi, à la fin du vernissage de son exposition, à la Maison du potier du Fuilet. Son français est certes peut-être encore hésitant. Surtout, l'émotion de ce potier roumain, dont l'oeuvre a déjà été récompensée nationalement dans son pays, est grande. Depuis une semaine, et jusqu'au 31 août, il expose quelque 300 céramiques au Fuilet. Une exposition, "Terres et couleurs de Roumanie " que l'ambassadeur intérimaire de son pays en France est venu inaugurer samedi.
Une visite prestigieuse pour cet artiste de 29 ans, comme pour tous les habitants du Fuilet. Une visite qui ressemblait fortement, samedi, au début d'une coopération plus officielle entre les villages du Fuilet et d'Horezu. " Il faut sceller quelque chose de fort autour de l'argile ", lance Christian Gaudin, maire du Fuilet et président du Pays des Mauges. " Ce n'est que le début d'une coopération entre ce village (d'Horezu) et votre commune " , lui répond M Floriou, qui souhaite voir les relations entre la France et la Roumanie " s'intensifier en multipliant les échanges entre les municipalités des deux pays ". " L'Ambassade appuiera cette Coopération " assure-t-il, avant de proposer " une visite des potiers du Fuilet à Horezu "." Un métier irremplaçable "
" Je suis né dans la même région que vous ", raconte M. Floriou à Ion Vicsoreanu. " Dans cette région où la poterie est une activité traditionnelle et bien ancrée. J'ai grandi en mangeant dans ces assiettes (... ) Ce métier est peut-être le plus vieux du monde ", poursuit-il, " en tout cas il est irremplaçable ". Des paroles qui vont droit au coeur du jeune Roumain, qui pratique son art comme l'ont pratiqué avant lui ses ascendants, et qui utilise encore la " gaïta ", sorte de peigne dont les dents sont en poils de renard que son grand père a lui-même créé. Des paroles qui ne laissent pas non plus insensible Gérard Grellier, président de la Maison du potier. " Il y a encore sur ce site onze artisans potiers", souligne-t-il. " Cette maison est donc un lieu d'accueil autour de la poterie et, par extension, de l'argile. "